Marc Bloch
L'homme, le combattant
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LE COMBATTANT 1914-1918
  Principales phases de la guerre
La carrière militaire de Marc Bloch

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Lettre de Marc Bloch à Étienne Bloch, son fils, le 9 avril 1936 :

"Je suis arrivé en Argonne comme sergent d'infanterie, peu après la bataille de la Marne vers le 15 ou le 20 septembre 1914 [le carnet de 1914 permet de préciser : le 15 septembre]. Nous avons d'abord occupé un peu à l'ouest de l'Argonne proprement dit ( région de Vienne-la-Ville et de Neuvile-au-Pont) les bois d'Hauzy où ma compagnie n'a guère été exposée, mais où nous avons beaucoup souffert de l'humidité. Puis [le 20 au soir à Neuville-au-Pont], après naturellement une période - 2e ligne- dans des villages voisins de la ligne de feu)nous sommes montés dans les bois de la Gruerie, au N. de la Harazée, pas très loin de Bagatelle et d'une fontaine. Nous y avons perdu beaucoup d'hommes par bombes et par balles. C'est là que j'ai forcé une mitrailleuse allemande à se taire, en lui faisant tirer du dessus, la nuit, après l'avoir moi-même regardée pendant qu'elle tirait sur nous, de façon à en voir la flamme. Nous sommes redescendus, à la Neuville-au-Pont, je crois que c'est alors que j'ai pris le commandement d'une section (1/4 de compagnie) après avoir été nommé adjudant [3 novembre] . (Je n'étais pas en très bon termes avec mon capitaine , que je n'ai jamais tenu pour un homme très estimable, et je pense que c'est pour ça qu'on ne m'a pas fait passer tout de suite sous-lieutenant). A partir de ce moment nous avons oscillé entre la Neuville, Vienne-le-Château comme cantonnement d'arrière et les lignes sous bois ou en terrain découvert au N. de Vienne-le Château. A Vienne j'ai perdu plusieurs hommes dans un abri effondré. Je suis monté très malade en ligne après le 1er janvier 15 au N. de Vienne-le-Château. J'ai du redescendre après une nuit de grosse fièvre ; j'ai passé un ou deux jours à Vienne et l'on m'a enfin évacué le 7 sur Troyes (typhoïde). "

Toute cette première partie de la lettre est considérablement développée dans Les souvenirs de guerre 1914-1915.

 


Les premiers mois de la guerre

. 4 ou 5 août Amiens

. 9 août Stenay

. 11 au 21 août garde des ponts sur la Meuse

. 21 août départ vers le front direction la Belgique

. 25 août au 5 septembre retraite vers la Marne

. 6 au 10 septembre en Champagne aux abords de la bataille de La Marne

. 10 septembre participation à la dernière phase de la bataille de la Marne

. 11 au 15 septembre marche en avant - arrivée le 15 en Argonne

.
15 septembre au 5 janvier 1915 l'Argonne ; la guerre de tranchées - alternance de la première ligne et de la seconde ligne en repos

.
5 janvier 1915 évacuation vers l'arrière -typhoïde

. Sergent jusqu'au 3 novembre , 18e Compagnie du 272e R.I.

. Adjudant le 3 novembre

 

Document : Les souvenirs de guerre première partie

Document : Paragraphe II de l'Historique du régiment rédigé par Marc Bloch qui donne un tableau général de l'action du 272e RI en Argonne de septembre 1914 à janvier 1915.

. 26 juin 1915 -31 juillet 1916 - Retour au front et à nouveau l'Argonne.

Document : Extrait de la lettre de Marc Bloch à Étienne Bloch
                   9 avril 1936 :

"A mon retour au front, fin juin 1915, j'appartenais au 72e R.I (régiment de l'active dont le 272e était le régiment de réserve par dédoublement, mais ces distinctions n'avaient alors plus de sens). J'ai pris le commandement de ma section aux Islettes (nous étions logés à la Verrerie, près de la gare) après un court séjour au dépôt divisionnaire à Beaulieu ( plus au sud). A partir de ce moment jusqu'en juillet 1916, nous n'avons plus quitté l'Argonne : en ligne dans le ravin des Courtes-Chausses (celui qui s'ouvre sur la vallée de la Bresmme entre La Chalade et Le Four-de-Paris, un peu avant le croisement des routes de Varennes et des Islettes) ; cantonnement les Islettes, surtout Le Clam, Le Neufour, La Chalade (ce dernier village abandonné par les habitants) ou dans des abris sou-bois. C'est là que j'ai passé sous-lieutenant et que j'ai eu mes deux premières citations : l'une pour l'affaire du 13 juillet (voir plus loi), l'autre pour avoir lancé des grenades sur la tranchée ennemie la nuit - je veux dire commandé une expédition de lanceurs de grenades dont la raison d'être était d'attirer l'attention des Boches sur un point A de leur ligne, pendant qu'on faisait un coup de main réel sur le point B. Si tu veux mon avis, je te dirai que la citation que j'ai peut-être le mieux méritée est celle que je n'ai pas eue et aurais dû avoir dans la Gruerie, en 14. Il faut être au-dessus de ces petites choses."

Document : Paragraphe V de l'historique du régiment.

. Août 1916 et premières semaines de septembre, repos du régiment en Champagne au camp de Mailly près de Troyes et environs résumées ainsi dans l'historique du Régiment :
"Le mois d'août et les premières semaines de septembre furent consacrés à préparer le régiment à la mission offensive qu'il devait bientôt recevoir."

. C'est le 9 septembre 1916 que Marc Bloch devient officier de renseignements

. 13 septembre au 4 octobre, le 72e est occupé à des opérations actives au Nord de la Somme, en réserve dans des secteurs bombardés

. 4 octobre au 13 octobre bataille de la Somme Bouchavesnes

Document : Rapport sur les opérations de Bouchavesnes

. Octobre à décembre 1916 en réserve autour de Bray sur Somme puis à Brébant dans la Marne.

. Algérie mi-décembre 1916 - mars 1917

. Arrivée à Marseille le 14 décembre -embarquement le 15 - voyage en mer le 16- arrivée à Philippeville le 17 -séjour jusqu'au 25 et départ pour Constantine et séjour à Constantine jusqu'au retour à Philippeville le 21 mars ; embarquement le 24 et arrivée en France le 26 mars

. Mars 1917 à mai 1917, Camp de Villersexel séjour et instruction dans des villages autour de Vesoul (Haute-Saône)

. 19 mai jusqu'en juin 1917 - dans la région de St Quentin, ainsi résumé dans l'historique du régiment :
Le 19 mai le régiment relève les troupes britanniques dans le secteur Gricourt, Fayet à l'ouest de St Quentin. Y demeure en ligne jusqu'au 23 mai. Point d'opération offensive, mais une guerre de patrouilles et de petits postes, et la tâche très rude d'organiser un secteur presque dépourvu de tranchées.

. Du 24 mai au 20 juin stationnement au sud de Péronne dans différents villages près d'Ham

. 21 juin au aux premiers jours de juillet : Le Chemin des Dames

Document : résumant le déroulement des opérations historique du régiment § Le Chemin des dames

Document : Sur le détail du comportement du 72e devant les attaques allemandes des 28-29 juin et 29-30 juin, rapport sur les opérations rédigé par Marc Bloch.

. Juillet en réserve derrière Le Chemin des Dames au nord ouest de Château-Thierry.

. Août et septembre dans l'Aisne au nord-est de Château-Thierry à quelques km de Fère en Tardenois.

. Septembre octobre novembre premières semaines de décembre dans le Soissonais.

. Vers la mi décembre départ pour l'arrière du côté de Vitry-le-François

. 1918 - au cours du premier trimestre - la Champagne autour du camp de Mourmelon, aux environs de Suippes

Document : rapport sur l'occupation de tranchées allemandes dans le secteur du Mont-sans-Nom (?) rédigé par Marc Bloch.

. Mai dans la région d'Amiens en attente d'une éventuelle poursuite de l'offensive allemande de mars au sud d'Amiens, à Saint Sauflieu

. Début juin le régiment est transporté dans les environs de Villers-Cotterets pour participer jusqu'au 10 juillet au rétablissement des lignes françaises imposées par la contre-attaque allemande sur le Chemin des dames . - Bataille meurtrière dans la forêt de Retz.

Document : § VII du Rapport tendant à l'obtention d'une citation du régiment à l'ordre de l'armée.

. Août les Vosges - Octobre l'Argonne - Novembre en Lorraine . Marc Bloch se trouve en Champagne près de Mourmelon à l'armistice.

. Le régiment est ensuite transporté en train en Alsace et Marc Bloch termine l'année 1918 à Neuf-Brisac . Il est démobilisé en mai 1919.

     Stéphane Audoin-Rouzeau qualifie la guerre de Marc Bloch
     de banale, ce n'est pas l'opinion du colonel Bieuville,
     historien militaire, qui estime qu'il est très rare qu'un civil
     mobilisé en 1914 comme sergent soit parvenu au grade de
     capitaine en 1918 et aux fonctions adjoint du chef du
     régiment.

 

La carrière militaire de Marc Bloch

. Engagé volontaire pour 3 ans le 26 septembre 1905 -incorporé au 46e R.I.

. Affecté à un régiment d'infanterie stationné à Fontainebleau

. Caporal 18 septembre 1906

. Sergent 18 mars 1907

. Mobilisé 4 août 1914

. Adjudant - 5 novembre 1914

. Sous-lieutenant à titre temporaire 29 mars 1916

. A titre définitif 20 novembre 1916

. Llieutenant à titre temporaire 30 août 1917

. A titre définitif 29 mars 1918

. Capitaine à titre temporaire 18 août 1918

. Nommé capitaine adjoint au colonel 7 septembre 1918

. Capitaine à titre définitif 23 juillet 1921

 

Comme dans les premières pages de l'étrange défaite, Marc Bloch insiste un peu sur ses qualités de soldat et qu'il paraît accorder une certaine valeur à l'opinion de ses chefs, il nous a semblé nécessaire de rappeler ici comment il a été noté par ceux-ci au cours de sa carrière militaire et au cours de ses rares périodes dans l'entre-deux guerres.

Ses notes :

Sauf erreur de notre part, le dossier personnel d'officier ne contient pas les notes obtenues dans les grades de sous-officiers, antérieurement à sa nomination comme sous-lieutenant le 29 mars 1916.

Voici le texte de ses notes puisées dans son dossier et reproduites partiellement dans la plaquette écrite par le colonel Bieuville :

"A été chargé pendant l'année 1916 du service de renseignements. S'est acquitté de ces fonctions avec beaucoup d'intelligence, de zèle et de compétence. Ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, M. le Lieutenant Bloch est un officier excellent, très sérieux, très dévoué et d'une éducation parfaite, d'un caractère très ferme. Ne mérite que des éloges. Est à proposer pour l'avancement. Deux citations (Brigade et Division). En Algérie depuis le 17 décembre."
(31 décembre 1916 - Note de son chef de corps)

"Toujours chargé du service du renseignement, s'est acquitté de sa fonction avec une intelligence un zèle et un dévouement qui lui ont valu les éloges très mérités de tous ses chefs. Très brave, au cours des derniers combats dans le secteur Cerny-la- Bovelle (juin 1917), s'est fait remarquer pour son entrain, son calme et son sang froid en allant malgré un violent bombardement, chercher des renseignements dans les premières lignes. Officier complet et parfait. Est proposé pour l'avancement."
(30 juin 1917 - Note de son chef de corps)

"Continue à faire preuve du plus grand zèle et du plus grand dévouement. En octobre, dans le secteur de l'Epine de Chevrigny a été chargé comme officier de renseignements des fonctions d'officier observateur pour toute la Division. S'est acquitté et parfois sous un violent bombardement, de ces fonctions avec une intelligence, une énergie qui lui ont valu les éloges du commandement.
Officier parfait sous tous les rapports.
"
(9 novembre 1917 - Note de son chef de corps)

"Officier cultivé, tout à fait à sa place comme officier de renseignements. Remplit ses fonctions avec zèle et intelligence et a mérité de bonnes notes jusque là. "
( 1er avril 1918 - Note du chef de corps)

" Vient d'être nommé capitaine et remplit actuellement les fonctions d'adjoint au Chef de Corps. Comme officier de renseignements a apporté une collaboration intelligente et avisée à la conduite des opérations de Régiment en juin et juillet. A su organiser de façon remarquable le service d'observation des Bataillons, a montré un réel sens tactique dans l'exploitation des renseignements. A rendu en outre les plus grands services grâce à sa connaissance approfondie de l'allemand et de l'anglais, tant pour l'interrogatoire des prisonniers que pour la liaison avec les régiments anglais et américains. Toujours prêt à marcher et à se rendre utile : a exécuté diverses reconnaissances périlleuses qui lui ont permis d'affirmer encore son abnégation et sa belle crânerie. S'est mis rapidement au courant de ses nouvelles fonctions et apporte à sa tâche, de l'intelligence, de l'esprit de méthode, beaucoup de clarté et de précision, une grande facilité d'assimilation, du tact et du dévouement. En un mot officier de valeur, tout à fait à sa place comme adjoint du Chef de Corps. A été cité à l'ordre de
la D.I. pour sa brillante conduite pendant la période de Juin-Juillet.
"
(ler octobre 1918 - Notes de son chef de corps)


Au lendemain de la guerre, il fait l'objet d'une proposition de titularisation définitive au grade de capitaine :
" A fait toute la campagne dans un régiment d'infanterie, sérieux, dévoué, d'éducation parfaite, plein d'entrain tout en ayant du calme et du sang froid, est Capitaine à titre temporaire depuis août 1918 et adjoint de son Chef de Corps. Ancien élève de l'Ecole Normale supérieure, parle l'anglais et l'allemand, a de beaux états de service et mérite d'être titularisé dans le grade de Capitaine. "
(Amiens le 24 novembre 1920 -Le colonel Franck)

Voici enfin le texte de sa proposition au grade de Chevalier de la Légion d'Honneur :
"A servi pendant toute la campagne au 72e R.I, où il a rendu les plus grands services, soit comme officier de renseignements, soit comme officier adjoint au chef de corps .
Ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, a été pendant la guerre, un officier remarquable par son énergie, son zèle, son dévouement et sa grande compétence.
A fait l'objet de quatre citations très élogieuses
"

 

(informations obtenues par le dossier personnel du capitaine Marc Bloch conservé aux archives du Service historique de l'armée de terre à Vincennes sous la cote 8 Ye 1952 et corroborées par les documents conservés par Marc Bloch et en possession d'Étienne Bloch)


Il semble bien qu'entre 1919 et 1933, Marc Bloch n'ait effectué ni périodes ni stages de perfectionnement.
Le premier stage figurant à son dossier personnel, d'une durée de deux jours, s'est déroulé ainsi que les suivants à l'Etat-major du Groupe de Subdivision de Strasbourg les 29 et 30 mai 1933.
Il est noté comme suit :
"Officier très intelligent qui saisit très rapidement les caractéristiques d'une question mais n'approfondit pas suffisamment le détail. - Pourra remplir son emploi de façon satisfaisante".

Pour les années 1934-1937, son dossier porte les mentions suivantes :
"N'a pas accompli de périodes d'exercice. - N'a pas suivi de cours de perfectionnement - Non proposé à l'avancement. Inscrit à la Liste complémentaire."

Devant la menace d'un conflit proche, Marc Bloch devenu parisien, mais toujours affecté au même état-major à Strasbourg, paraît avoir désiré reprendre contact avec l'armée : du 4 au 6 juillet 1938 il effectue un stage à Strasbourg.
Il est noté comme suit :
"Le capitaine de réserve BLOCH s'est fait remarquer au cours de son stage de trois jours à l'E.M. du G.S. de Strasbourg, par sa grande facilité à étudier des dossiers complexes, qui lui ont été confiés et à les assimiler.
L'information qu'il a ainsi acquise jointe à sa connaissance très grande de la région lui permettront de rendre rapidement de bons services à l'E.M. du G.S.mobilisé. On doit pouvoir compter sur lui.
"

Pendant l'alerte de Munich, Marc Bloch est mobilisé et se trouve à nouveau à Strasbourg. Il est noté comme suit :
"Rappelé à l'activité du 25-9 au 6-10 1938 a été employé pendant cette période à l'E.M. du G.S. de Strasbourg. Très actif, ayant une grande puissance de travail, a donné satisfaction ; est tout à fait à sa place dans un état-major. Apte à faire campagne."

Il fait l'objet d'une proposition au grade supérieur le 20 février 1939, à la suite d'une proposition rédigée comme suit :
"Ne peut être jugé quant à ses aptitudes à commander un bataillon. Mais parfaitement capable de diriger un état-major du territoire. Proposé à titre exceptionnel bien que ne remplissant pas les conditions exigées quant à (mot illisible) les périodes et l'assiduité aux Ecoles de perfectionnement."

Apparemment aucune suite n'a été donnée à cette proposition d'avancement puisque Marc Bloch a été mobilisé le 24 août 1939, toujours avec le grade de capitaine.

Auparavant il avait à nouveau été rappelé à l'activité , toujours à Strasbourg du 3 au 5 avril 1939 et il avait été noté comme suit le 20 avril 1939 :
"A accompli du 3 au 5 avril 1939 inclus un stage à l'E.M. du G.S. de Strasbourg. Il a été rappelé par application d'une menace de tension politique du 15 au 17 avril inclus ( sic). S'est rapidement mis au courant des modifications apportées aux divers plans depuis sa dernière convocation de 1938."

 

 

Citations militaires

Lettre d'adieu et testament

Marc Bloch, sergent
1914