Recherche
sur l'ensemble des pages du site (saisissez un ou plusieurs mots):
L'ouvrage ne
se présente pas sous la forme classique d'un récit
continu divisé en chapitres sur un sujet précis. Son
unité est constitué par le personnage central Marc
Bloch autour duquel gravite des questions variées toutes
ayant un lien plus ou moins direct avec la guerre et l'expérience
de la guerre. C'est un travail élaboré à partir
d'un dossier constitué par Marc Bloch intitulé "Souvenirs
de guerre" composé de documents de nature diverse, coupures
de presse, lettres manuscrites, écrits personnels, cartes
postales d'origine variée etc. présentés au
lecteur. La reproduction des carnets de guerre de Marc Bloch complète
ce recueil de documents ainsi que deux textes, l'un le récit
des premiers mois de la grande guerre vécus par Marc Bloch,
déjà publié sous la forme du Cahier des Annales,
n° 26, 1969 sous le titre Souvenirs de guerre 1914-1915 ,l'article
célèbre de la Revue de synthèse historique,
Réflexions d'un historien sur les fausses nouvelles de la
guerre. Une longue introduction de Stéphane Audoin-Rouzeau
situe Marc Bloch dans la guerre et propose une réflexion
sur la manière dont celle-ci a influencé sa pensée
et son uvre.
A mon avis, c'est mon meilleur
travail car il représente un genre peu exploité :
mise à la disposition du lecteur d'un "dossier",
aider le lecteur à le feuilleter mais ne lui imposer aucune
conclusion. Il obéit aussi à l'une de mes idées
sur l'enseignement universitaire : ne jamais fournir de nourriture
déjà mâchée et partiellement digérée
mais donner du brut et se contenter d'indiquer des pistes et s'interroger
sur la valeur des orientations ainsi proposées ; faire participer
l'étudiant à l'élaboration du produit. J'ai
pu par expérience me rendre compte que les étudiants
n'aiment pas ce brouet ; ils se sentent un peu perdus ; ce n'est
pas de leur faute, ils ne sont pas habitués à ce genre
d'enseignement. Malgré 68, la leçon ex catedra a encore
de beaux jours devant elle. C'est tellement plus commode aussi bien
pour le maître que pour l'élève. Quant au séminaire,
en France, c'est trop souvent une manière de se dispenser
de faire le travail et plutôt qu'un échange et une
discussion, c'est un jugement final du maître tendant à
la mise en pièces de la présentation du sujet traité
par l'orateur sur lequel il n'est pas rare que le censeur n'ait
que des connaissances très partielles."